Chambre syndicale française des Négociants et Experts en Philatélie

INTERVIEW DE PATRICE IDIER, DIRECTEUR PARTICULIERS ET PROFESSIONNELS AU GROUPE LA POSTE

1/ Depuis votre arrivée à ce poste il y a 6 mois, quelles sont vos impressions sur la philatélie et êtes-vous, vous-même, collectionneur ?

Je ne suis pas collectionneur. J’ai une vision ouverte, sur les nombreux projets qui touchent à la philatélie.

Pour moi, le timbre est le support d’un univers extrêmement attirant, tourné vers l’Histoire, la culture, l’art, la découverte et le rêve.

A travers mes fonctions, je découvre le loisir de la collection de timbres et tous les passionnés qui le font vivre.

Je découvre aussi un monde à mieux faire connaître, en particulier auprès des jeunes. Un long chemin – à la fois technique et d’usage – a été parcouru depuis le Cérès noir jusqu’au courrier électronique. Je vois le timbre comme un produit qui doit s’inscrire dans son époque, en témoigner et, par conséquent, se renouveler chaque année. Il doit le faire dans le respect des règles philatéliques, mais aussi marketing et commerciales, pour répondre aux besoins des clients, collectionneurs et de ces jeunes qui sont les collectionneurs-défricheurs de demain. Nous devons prouver aux nouvelles générations que les timbres restent d’actualité à l’heure du numérique. A nous de trouver et construire les passerelles entre ces deux univers. Et de contribuer à créer ce nouveau monde.

C’est un beau défi pour ma direction et les équipes de Phil@poste.

2/ Y découvrez-vous un monde particulier avec des collectionneurs exigeants ?

Avec Gilles Livchitz, directeur de Phil@poste, nous comprenons les articulations et les besoins des différents acteurs de ce marché du timbre : les négociants, les associations, les institutionnels, les canaux de distribution physique et numérique…

J’ai déjà visité plusieurs salons, organisés par la CNEP et par la FFAP, en particulier le fameux salon philatélique d’automne, à Paris. Vos événements rythment l’année des collectionneurs et la prochaine manifestation – Phila-France 2015, à Mâcon – sera à suivre de près pour apprécier l’évolution du marché. Dans ces occasions, le contact avec les collectionneurs est toujours passionnant et passionné. J’ai réellement découvert un univers original et atypique, en participant à plusieurs opérations dans le cadre du Salon Planète Timbres.

J’ai constaté combien les collectionneurs sont des passionnés… et tous les passionnés sont exigeants ! Cette exigence nous pousse à conserver et développer ce haut degré de maîtrise artistique et technique qui a fait la réputation de la philatélie française. Les ambitions que j’ai pour Phil@poste ne pourront réussir qu’avec les collectionneurs et nos partenaires naturels, la CNEP et la FFAP, en tenant compte des contraintes économiques et culturelles du timbre.

3/ Que peut-on faire pour éviter que des documents oblitérés lors d’une émission 1er jour ou lors d’un bureau temporaire ne soient à nouveau oblitérés lors de leur arrivée dans les plateformes de tri (pièce jointe) ?

A la demande de Phil@poste, un nouveau dispositif de séparation des plis déposés en bureau, ainsi que les procédures de tris des établissements de notre réseau Courrier doivent permettre de garantir une oblitération unique.

Les notes postales internes concernant les règles de simplification des séparations de courrier dans les bureaux de poste – pour précisément éviter cette double oblitération – ont été diffusées fin 2009. Elles précisent que les plis oblitérés sont à insérer dans un bac de courrier étiqueté « autres ». Les contrôles de premier et second degré, réalisés au sein des établissements Courrier, doivent garantir l’absence de double oblitération.

Afin de faire appliquer correctement cette décision, Phil@poste mène régulièrement des actions de rappel auprès des bureaux de poste et des établissements.

Par ailleurs, comme cette séparation des courriers n’est effectuée qu’à la demande expresse du client, nous en avons informé les philatélistes* afin qu’ils réclament bien l’application de cette procédure lors du dépôt de leur courrier.

* Information auprès des associations et de la presse philatélique ; via les supports de vente et de communication de Phil@poste…

4/ Pouvez-vous nous rassurer quant à l’utilisation pérenne des timbres sur les lettres et colis, fonction première du timbre depuis son origine en 1849 ?

Je peux, pour vous rassurer, vous citer les trois notes qui pérennisent l’utilisation des timbres-poste sur les colis, mais j’insiste sur celle du 1er janvier 2015 puisqu’elle en actualise le principe :

• Note du 29 août 2006, pour les conditions d’admission des colis affranchis en timbres-Poste ;

• Note du 30 août 2006, pour autoriser l’utilisation partielle ou intégrale des timbres, comme moyen d’affranchissement des envois de la gamme Colissimo

• Note du 1er janvier 2015 sur la simplification des gammes Courrier-Colis.

5/ Ne pourrait-il pas y avoir une meilleure visibilité et offre de timbres gommés dans les grands bureaux de poste des métropoles régionales, car plus l’offre se restreint, moins on peut séduire des collectionneurs en herbe de tous âges ?

M. Philippe WAHL, président directeur général du Groupe la Poste, lors d’une rencontre en janvier 2015 avec les acteurs de la Philatélie – CNEP et FFAP – a pris en compte cette demande d’un meilleur accès à l’offre philatélique. En effet, certains points-philatélie étaient devenus inopérants et La Poste, convaincue de la nécessité de revitaliser ce concept pour faciliter la collection de timbres et attirer de nouveaux adeptes, s’est particulièrement investie dans un nouveau et important projet baptisé « Bureaux philatéliques ».

Les équipes de Phil@poste et celles du Réseau La Poste travaillent actuellement ensemble pour atteindre l’objectif confié à ces bureaux philatéliques : faciliter l’accès physique des collectionneurs à l’ensemble des produits philatéliques et repenser leur mise en valeur.

Ces bureaux, dédiés à la philatélie, seront implantés de manière à couvrir rationnellement le territoire, et être clairement identifiés.

C’est un projet qui me tient à cœur, que je suis de très près, et dont je vous tiendrai informé.

By | 2018-02-14T20:54:15+00:00 août 4th, 2017|Actu CNEP, Toutes les actualités|0 Comments